dykeplanet
 
site lesbien
accueil
membre
entre-vous
les infos
adresses
boutique
santé
plan du site









 

 L'espace "santé"

La femme et l'alcool
par Laure Charpentier, présidente de SOS Alcool Femmes.

«Toute épreuve qui ne nous tue pas nous grandit.» L. Pauwels. La Vie est avant tout Projet. Si l’on considère que la liberté de l’être humain se signe par les projets qui renaissent et les chaînes de l’angoisse qui tombent, on comprendra vite que l’esclave restera enchaîné à son boulet tant qu’il n’aura pas signé un pacte de libération avec lui-même. “ On se débarrasse de son passé en l’aimant ” A quoi sert donc de vouloir tout changer alentour si l’on refuse de se changer soimême ? Une prison dont on a repeint les barreaux reste une prison. Et lorsqu’on ne peut scier les barreaux de la fenêtre, mieux vaut s’attaquer à la mentalité du prisonnier… Car c’est ça qu’on devrait pouvoir modifier à tout moment : les mentalités. La sienne et celle des autres. La femme s’intoxique plus gravement et plus profondément que l’homme. A poids égal et consommation d’alcool équivalente, elle accuse très vite un seuil d’alcoolémie plus important. Sachant que la cirrhose du foie est plus précoce chez la femme, ainsi que l’apparition de troubles névrotiques graves, on dit couramment que l’alcoolisme des femmes est avant tout un alcoolisme d’angoisse et d’anxiété. L’alcool n’estil pas reconnu comme le premier anxiolytique au monde ? En cas de déprime et bien avant de consulter le médecin, la femme va découvrir l’effet magique du petit apéritif qui requinque... auquel elle saura très bien adjoindre, en temps voulu, les tranquillisants et antidépresseurs que le médecin lui prescrira. Consciente de la honte qu’elle ressent et qu’elle suscite, la femme malade de l’alcool ou d’un autre toxique va peu à peu fuir le regard des autres en s’enfermant dans un véritable goulag, celui de la dépendance. Or, par essence même, la femme est fragile, sensible, vulnérable. Pour peu que les parents, la famille ou le compagnon ne l’aient jamais valorisée, elle va manquer de confiance en elle et se persuader qu’elle ne vaut rien. Au fil des ans, non seulement elle ne se sentira pas reconnue comme un être humain à part entière, mais elle va se cantonner dans un rôle secondaire qui étouffera peu à peu tous ses élans vitaux. L’éducation des petites filles ne tendelle pas tout naturellement à faire d’elles des femmes d’ombre et des modèles de sacrifice… généralement au service du prince charmant qui, lui, régnera sur l’ensemble en maître absolu ? Ainsi Pauline Dupont attendratelle impatiemment de devenir - pour le meilleur et pour le pire - Mme Jean Durand… Espérant tout de ce «mari-maître», y compris la reconnaissance de sa valeur d’épouse, de maîtresse de maison, de mère et d’amante. La première dépendance est née et elle nous est enseignée dès notre plus tendre enfance. Véritable image d’Epinal de nos albums de famille, la femme doit être dévouée, aimante, fidèle, sérieuse, douce, serviable etc. N’estelle pas, de toute éternité, la gardienne du foyer, la conservatrice des traditions, la compagne sur qui l’homme peut se reposer et la mère qui va embrasser chaque soir les petites têtes blondes, avant de refermer doucement la porte de leurs chambres et de rejoindre le mari dans la sienne ? Lorsque cette femme idéale se met à boire, on peut dire que «rien ne va plus», ni pour elle ni pour la famille. Consciente de cette faute de goût, elle va «s’adonner à son vice» dans la solitude, la honte et la clandestinité. La dissimulation va parfois se révéler si parfaite que le proche entourage y compris le conjoint ne s’apercevra de rien. Ce jeu de cachecache peut parfois durer des années. Qu’il soit professionnel, solitaire, convivial ou suicidaire l’alcoolisme des femmes est toujours destructeur. La femme va y perdre sa dignité, sa sérénité, ses énergies, et par là même ses ressources, tant matérielles que spirituelles. Cet aspect honteux et clandestin démontre bien que la femme demeure la victime des préjugés attachés à cette condition qui lui a longtemps été faite, et qu’elle remet actuellement en question…

 

>> suite de l'article

 

 

 

  haut de page

Visites depuis le 19 mars 2004

 

i  
     
i